Wattpad, etc. : quel site de publication choisir ?

Bonjour ! La publication en ligne vous tente mais vous hésitez à vous lancer ? Vous vous demandez quel serait le meilleur site pour vous ? Ou peut-être vous êtes-vous déjà inscrit sur une plateforme de publication, mais vous ne vous y sentez pas parfaitement à votre place ? Cet article est fait pour vous !

Wattpad, Scribay, HPF, ff.net et AO3 : 5 plateformes de publication en ligne gratuites sur lesquelles je vous dis tout !

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Cet article sera suivi de deux autres qui approfondiront le sujet. 

  1. Quel site de publication choisir ?
    1.1. Présentation
    1.2. Quel site pour quel usage ?
    1.3. Multiplier les sites de publication, bonne ou mauvaise idée ?
  2. Les interfaces à la loupe
  3. Nous n’avons pas les mêmes valeurs

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4 astuces pour écrire plus vite

Je ne vais pas vous parler de faire le vide pour canaliser son inspiration  ou de techniques pour apprendre à faire des plans. Cet article n’a pas pour sujet l’écriture au sens d’activité créatrice, mais l’écriture d’un point de vue matériel, le nombre de mots que vous êtes physiquement capable d’écrire en un temps donné.

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Photo by Thomas Lefebvre on Unsplash

1. Apprenez la dactylographie

Vous pensez que parce que vous utilisez l’index et le majeur de chaque main et que vous ne cherchez pas désespérément le Y sur le clavier comme votre oncle Jean-Michel, ça va ? Si vous n’êtes pas capable de taper à dix doigts en ne regardant que l’écran, c’est que vous avez bien besoin d’une remise à niveau. Il y a des tas de sites pour apprendre en ligne, et pas mal d’entre eux sont gratuits et plutôt bien faits. Il existe aussi des cours en ligne payants et des logiciels.

C’est sûr, vous y passerez quelques heures, et les premières leçons à taper des rangées de ffff jjjj ffff jjjj ffjj ffjj jjff jjff peuvent être assez frustrantes. Mais vu le temps que vous gagnerez par la suite, c’est un investissement largement rentabilisé.Capture d_écran (68)

Pour vous donner une idée, je suis à 63 mots par minutes avec ce test qui semble être le paradis des joueurs de scrabble, et je tourne autour de 80-90 (j’ai même eu une pointe à 100 mots par minutes une fois) avec ce test-là qui utilise au contraire des mots très commun.

Et puis, maîtriser la dactylographie, ce n’est pas qu’une affaire de temps : taper en regardant l’écran permet de réduire considérablement les problèmes de mal de dos liés à une mauvaise posture devant l’ordinateur.

2. Choisissez un bon clavier

D’abord, au niveau du matériel, assurez-vous que votre clavier vous convient. Touches à course courte (comme les claviers d’ordi portable), à course longue (plus hautes), clavier mécanique (ressort sous chaque touche : la frappe est plus dure, on risque moins les erreurs), sans compter les différentes options d’ergonomie : il y a des tas de claviers différents. N’hésitez pas à tester et à vous équiper de ce qui vous réussit le mieux.

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Et puis tant qu’on en est à parler matériel, arrangez-vous un poste de travail digne de ce nom. Une chaise à la bonne hauteur, avec un dossier confortable, et un écran à la hauteur des yeux ! On écrit moins vite quand on a un torticolis ou une tendinite…

Ensuite, saviez-vous que la disposition AZERTY n’est pas du tout la plus adaptée pour taper vite et sans se fatiguer ? D’autres dispositions, conçues spécialement pour le français, ont été inventées. Il y a quelques années, j’ai essayé de me mettre au BÉPO, mais ça n’a pas fonctionné pour moi : « désapprendre » AZERTY me demandait trop d’énergie. Mais si, convaincus par mon article, vous vous lancez juste maintenant dans l’apprentissage de la dactylo, autant le faire avec une disposition de clavier plus ergonomique !

3. Essayez la dictée

Et comme malgré un poste de travail correct, il m’arrive d’avoir le poignet douloureux, je repose parfois mes articulations en dictant. J’entends généralement dire du bien de Dragon Naturally Speaking, mais comme il est payant et que je suis fauchée*, je me suis rabattue sur une solution en ligne gratuite. J’utilise donc une application qui s’appelle Speechnotes, qui fonctionne bien et est très simple d’utilisation.

Malgré tout, dicter me prend plus de temps que taper car si l’affichage de ma phrase à l’écran est quasi instantané, il y a toujours des corrections à faire : réécrire un prénom que l’application ne connaît pas, sans compter tous les problèmes d’accords et de conjugaison et les tirets cadratins et espaces insécables qu’il faut rajouter. C’est pour cela que ça reste pour moi une solution alternative, pour me reposer ou simplement pour changer un peu quand j’en ai marre de bosser. Dicter a un petit côté ludique et me permet aussi parfois de rester plus concentrée sur mon texte. Et puis dicter une scène érotique avec votre amoureux.se à côté : effet garanti !

Cela dit, si vous êtes plutôt à 40 mots/min qu’à 80, même en devant corriger quelques mots derrière, la dictée vous permettra sans doute d’être plus rapide. À essayer !

4. Optimisez votre traitement de texte

Bon, on en vient à mon petit secret que j’ai décidé de partager avec vous. Quand je suis sur mon ordi, je suis capable de taper à la vitesse de la pensée (enfin, des fois mes pensées sont carrément plus lentes que mes doigts), soit nettement plus vite que 80 mots par minute. Certains traitements de texte (OpenOffice, par exemple) ont un système d’autocomplétion, mais je n’ai jamais été à l’aise avec ça parce que je tape suffisamment vite pour que ça me ralentisse plus qu’autre chose s’il ne me propose pas le bon mot, que je le valide par automatisme et que je doive revenir en arrière.

Du coup, j’ai mis au point mon propre système, qui consiste à détourner les corrections automatiques pour en faire un répertoire d’abréviations. (Je vous explique comment faire sur Word parce que c’est celui que j’utilise, mais normalement, on peut faire pareil avec OpenOffice.)

Pour y accéder : Fichier > Options > Vérification > Options de correction automatique. Cela dit, il est plus rapide de pousser Word à faire une correction automatique : par exemple, si vous commencez une phrase sans majuscule, il va la rajouter sans vous demander votre avis. Il suffit alors de passer la souris sur le mot qui a été modifié, et apparaît ce petit éclair avec une flèche. Cliquez dessus, et il vous proposera d’ouvrir les corrections automatiques.

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S’ouvre alors une fenêtre avec un tableau tout simple :

Remplacer : _____________    Par : ______________

À vous de définir quelles sont les abréviations qui vous seront le plus utiles. En ce qui me concerne, je tape les trois lettres « pdv » ou « sdb » et Word affiche « point de vue » et « salle de bains ». J’ai des dizaines d’abréviations de ce type, et ça me fait gagner un temps fou. Sans mentionner que si vous vous faites des noeuds au cerveau pour retenir l’orthographe du prénom polonais de votre personnages, tapez « kr » et Word écrira « Krzysztof » à votre place. Malin, non !

J’espère que ces petites astuces vous auront été utiles ! Ah, et si vous faites le test, dites-moi quelle est votre vitesse en mots par minute, je suis curieuse ! 😉

 

* Vous pouvez sponsoriser cet article en faisant un petit don, mensuel ou ponctuel, sur mon Tipeee. Merci !

Le point sur ma vie d’autrice

Je voulais faire un bilan en décembre ou début janvier, et puis j’ai joliment laissé le temps filer.

En 2017, j’ai traduit 6 romans et une novella.
J’ai aussi fini le premier jet de mon premier roman à moi.

Dit comme ça, on dirait que j’ai eu une année super productive. Sauf qu’en fait, mon temps passé à traduire (et aussi réviser/corriger) les livres des autres à tendance à épuiser ma créativité et me laisser très peu d’énergie pour écrire mes propres histoires. Alors certes, j’ai fini un roman, mais ces 10K manquants, c’est à peu près tout ce que j’ai réussi à écrire — avec 9K sur un autre projet qui, si je continue à ce rythme-là, mettra encore plusieurs années à aboutir.

bilan écriture 2017

Et puis en décembre, j’ai fait une rechute dans la fanfic. Rien de grave, j’en ai juste lu plusieurs les unes à la suite des autres, en mode addict qui replonge. Ça a duré quelques semaines et ça m’a fait du bien – j’avais besoin d’un peu d’escapism – et ça m’a aussi fait réaliser que la publication sur le net me manquait : le côté communauté, la proximité entre lectrices et autrices que je n’avais pas réussi à retrouver avec mes publis en maison d’édition.

Speaking of which, il faut bien admettre que publier à compte d’éditeur ne donne pas toujours les résultats qu’on aurait souhaités. Déjà du point de vue de la rémunération. Bon, entendons-nous bien : on ne devient pas auteur pour s’acheter des villas au bord de la mer, hein. Mais quand sur certains textes vous touchez à peine 2€ au bout de plusieurs mois d’exploitation, vous vous dites que pour gagner ça, vous auriez mieux fait de mettre ledit texte en libre accès sur internet, au moins vous auriez eu des lecteurs !

Et puis, sur 5 éditeurs à qui j’ai confié mes nouvelles, il y en a 3 chez qui elles ne sont plus (ou ne le seront plus dans un avenir proche) disponibles : un a fait faillite, l’autre a jugé que ce format n’était pas rentable, et un troisième doit republier le texte dans une autre collection.

Tout ça allié à des discussions passionnantes sur l’auto-édition et la nécessité pour les auteurs de récupérer un peu de poids dans la chaîne du livre m’ont poussée à de grandes réflexions sur comment et pourquoi je publiais. Alors je vais sans doute continuer à publier des textes à compte d’éditeur, mais je n’y mettrais plus toute mon énergie de façon exclusive. J’ai envie de diversifier, c’est à dire de publier aussi gratuitement en ligne, comme avant, voire d’auto-éditer certains textes, si je trouve le temps et l’énergie pour ça.

Dans cette optique, je me suis créé un compte Tipeee (vous savez, le site de mécénat participatif) qui a pour but de soutenir ma création dans son ensemble mais surtout, plus particulièrement cette année, de me permettre de publier gratuitement (sur Wattpad, notamment) une série de douze nouvelles.

Alors oui, j’étais censée en publier une par mois. Et on est fin mars, et il n’y en a qu’une en ligne. C’est que la vie s’en est mêlée.

J’ai perdu mon père mi-février, d’un cancer, bien moche et bien trop rapide.

J’ai passé plusieurs semaines chez ma mère, et entre mon propre chagrin et le sien que j’amortissais de mon mieux, autant vous dire que non seulement écrire mais aussi travailler s’est révélé à peu près impossible depuis un mois. Être freelance, c’est bien, ça permet de s’arrêter quand on en a besoin sans avoir à demander d’autorisation à quiconque. Sauf qu’ensuite, pour se remettre en selle, quand vous n’avez pas un patron et des collègues qui attendent votre retour, c’est compliqué.

Et pour l’écriture, c’est pareil. Je dois dire que ce n’est pas évident de trouver la motivation pour s’y remettre. Mais on me souffle à l’oreillette qu’il y a un camp NaNo qui commence bientôt… alors qui sait !

En tout cas, dresser ici une liste de ce que je veux faire dans les temps qui viennent, c’est un premier pas, parce que j’ai toujours eu besoin d’annoncer mes objectifs pour avoir une chance de les tenir.

En 2018, donc, je veux :

  • Retravailler et corriger mon roman
  • Écrire cette série de 12 nouvelles
  • Réfléchir sérieusement à l’auto-publication pour certains textes
  • Reprendre l’écriture de mon « Bildungsroman érotique »

Toutes les femmes que je connais

Je vois passer les hashtags #BalanceTonPorc, #MeToo, #MoiAussi, et je suis outrée par les réactions de certains hommes, qui viennent remettre en cause, traiter les femmes de menteuse, dire qu’elles exagèrent, ou les accusent de généraliser et de les faire se sentir mal, eux, pauvres hommes qui n’ont jamais violé/agressé/harcelé personne. Comme si nous devions nous excuser de ce que nous subissons, nous taire pour ne pas que eux se sentent coupables, que ce soit de leurs actions ou au contraire de leur inaction, de leur silence, de leur aveuglement.

Longtemps, je ne me suis pas sentie légitime à parler de la question des violences sexistes, je n’étais pas une victime, je ne pouvais pas parler à leur place.

Parce que non, je n’ai jamais été violée.
Mais tout le reste ? J’y ai eu droit.

10 ans
J’habite dans un village. C’est petit, il y a peu de circulation, les parents nous laissent jouer dehors tranquillement. Ce soir-là, je suis seule avec un ami et un garçon agité, souvent agressif, qui ne fait pas vraiment partie de mes amis, mais c’est un village : tous les gamins traînent plus ou moins ensemble. Il se met en tête qu’il veut voir mes seins, les toucher, m’embrasser. J’ai dix ans, je n’ai pas de seins. Je ne veux pas qu’il me touche. Je cours pour lui échapper. Il me rattrape. Je me débats. Lui échappe. Il me rattrape encore. Je ne sais plus comment ça finit. S’il parvient à ses fins ou non. Ce que je sais, c’est que mon ami ne fait rien pour me défendre. Ils font tous les deux comme si c’était un jeu, comme si c’était normal.
Je ne dis rien à mes parents. J’ai honte, je n’ose pas en parler, et j’ai peur qu’ils m’interdisent de sortir jouer dehors.

12 ans
C’est les vacances. Je suis dans un camping où mes parents reviennent tous les ans, donc j’y retrouve des amis. Cette année, un nouveau s’est joint au groupe. Il a quatorze ans, deux ans de plus que moi, et une rumeur prétend qu’il a couché avec une fille un peu auparavant dans l’été. Immédiatement, il déclare vouloir sortir avec moi. Je ne veux pas et le dis clairement. Tout le groupe fait pression sur moi pour que je sorte avec lui. Je tiens bon mais dois me trouver une excuse : comme il quitte le camping à la fin du weekend, je dis que « ça ne sert à rien » qu’on sorte ensemble pour si peu de temps. Il passe les deux jours suivants à me harceler pour que je sorte avec lui. Les autres jouent son jeu, essaient de me forcer à l’embrasser au détour de parties d’action/vérité, mais je tiens bon. La veille de son départ, il me prend par la main pour m’emmener un peu à l’écart. Pensant qu’il veut encore une fois me demander de sortir avec lui, je m’apprête à refuser une fois de plus. Il me fait asseoir, se place derrière moi et me renverse en arrière. Je suis tellement surprise que je ne peux rien faire et il fourre sa langue dans ma bouche. Je trouve la sensation dégueulasse. Je veux protester mais tous mes amis s’écrient « ah ben enfin ».
Je suis prise au piège : tout le monde pense que j’ai accepté de l’embrasser, alors maintenant, il me semble que je suis « obligée » de sortir avec lui. Je l’évite au maximum jusqu’à son départ, ce qui ne l’empêche pas de m’imposer encore ses baisers gluants. À un moment il déclare « j’adore sa petite langue qui s’agite, on a envie de la couper et de l’avaler ».

13 ans
Je promène mon chien à la tombée de la nuit. Dissimulé entre une poubelle et sa voiture, un mec me fait sursauter car je ne m’attends pas à sa présence. Et puis je réalise que son pantalon est sur ses chevilles. La bite à l’air, il me regarde fixement. J’ai super peur.
Je n’ose pas en parler à mes parents. J’ai peur qu’ils m’interdisent de promener le chien seule. Et puis j’ai honte de mettre des mots sur cette expérience. Ils sont un peu pudibonds et je ne sais juste pas comment leur dire qu’un homme s’est exhibé devant moi. Pendant des semaines, je n’ose plus passer devant cet endroit.

18 ans
Je vais voir un film seule dans un cinéma d’art et essai, l’après-midi. Un homme s’assied à côté, avec un siège vide intercalé.
Ma jupe est bizarre, elle n’arrête pas de glisser, je dois la remettre en place sans arrêt. Je commence à avoir un doute, mais je me dis que je suis parano. Et puis à un moment, je donne un coup rapide sur mon genou, comme pour tuer un moustique. Je frappe la main de l’autre, qui tire sur ma jupe depuis le début du film, et caresse le tissu si doucement que je ne le sentais presque pas. Je mets un siège de plus entre nous. Je ne vois pas le reste du film, je passe la séance à flipper. Je me dis que j’aurais dû partir tout de suite, mais maintenant je n’ose plus repasser sur le premier siège pour récupérer mes affaires. J’ai peur qu’il m’attende à la sortie, mais quand les lumières se rallument, il n’est plus là.
Je n’arrête pas d’aller au cinéma toute seule, mais désormais je fais gaffe à me placer sur la même rangée que d’autres femmes.

20 ans
C’est l’été, il fait très chaud, je dors nue. Je lis et mon chat couché à côté de moi se met à grogner/cracher, réaction totalement inédite. Je constate que la porte fenêtre qui donne sur le jardin est ouverte. Je pense que je l’ai mal fermée, qu’un courant d’air l’a ouverte. Je me lève, nue, dans la chambre en pleine lumière, pour aller la refermer. Après ça, il est tard, j’éteins la lumière pour dormir. Mon chat grogne à nouveau. La porte s’est rouverte et cette fois je sais que je l’ai bien fermée. Le coeur battant, je me redresse dans le noir. Je distingue la silhouette d’un homme accroupi, juste à l’entrée de ma chambre. J’enfile ma chemise de nuit dans le noir, et hésite un moment avant d’allumer la lumière. Je trouve, je ne sais pas comment, le courage de me lever pour aller fermer la porte. À clé cette fois.
Je suis terrifiée, mais cette fois je n’ai pas honte. Je vais réveiller mes parents pour leur raconter immédiatement ce qu’il s’est passé.

C’est pas exhaustif, loin de là, il y a bien sûr tout le harcèlement de rue, les mecs qui m’ont suivie jusque chez moi en pleine nuit, ceux qui à 3 ou 4 dans leur voiture, ont pilé et remonté la rue en marche arrière avant de rouler au ralenti à côté de moi en insistant pour que je monte avec eux, le coloc/proprio qui après m’avoir intentionnellement énervée « parce que ça l’amusait » me prenait dans ses bras « pour s’excuser », les mecs qui dans des bars ou dans des boîtes se sont frottés contre moi, m’ont embrassée sans mon consentement, les gamins qui s’amusaient à mettre des mains aux fesses dans les files du self, à soulever nos jupes…

J’ai souvent pensé à raconter ça et je ne l’ai pas fait, parce qu’il y a toujours cette part de gêne, et parce que encore une fois, j’avais l’impression de ne pas être une « vraie » victime, que je n’avais pas à me plaindre comparée à celles qui ont vécu bien pire.

Mais depuis deux jours, je vois passer les messages de ces types avec leurs « arrêtez de dire qu’il faut qu’on éduque nos fils, ça n’a rien à voir » et leurs « mais vous pourriez quand même dire qu’il y a des mecs bien aussi ».
Les gars : vous êtes tellement, mais tellement à côté de la plaque.
Plus de la moitié des agressions que je raconte se sont produites avant que je sois majeure, dès mes 10 ans, mais ce sur quoi je veux insister, c’est qu’une partie de mes agresseurs étaient des enfants, eux aussi. Les micro-agressions que je ne détaille pas, (mots vulgaires, attouchements, etc.) c’était en primaire et au collège. Au lycée, ils n’osaient plus, ils se rendaient compte que c’était trop limite. Les agresseurs avaient huit, dix, douze ou quatorze ans.
Alors si vous pensez que Weinstein c’est juste un pervers, que « les mecs » ne sont pas comme ça, que notre société dans son ensemble n’a pas un problème, il est temps de vous remettre en question.
Parce que les gamins qui m’agressaient n’étaient pas des pervers, des tarés, des cas isolés : ils étaient le produit d’une société sexiste, d’une éducation qui ne voit pas de problème à dire aux filles « tu dois faire attention à comment tu t’habilles, à ne pas attirer l’attention, etc. », mais qui ne sait pas dire aux garçons « tu dois respecter les filles ».

Auteurs assistés et utilité sociale

À dix jours du premier tour, j’avais envie de parler du fameux revenu universel autour duquel s’est pas mal cristallisée la campagne de Benoît Hamon. Alors, on va vite délaisser la campagne et ses candidats pour parler du revenu universel en théorie, parce que la proposition d’Hamon n’a plus grand chose d’universelle : soumis à conditions de revenus, c’est juste une nouvelle forme d’aides sociales. Qui à 600€ max par mois, ne sort pas réellement les gens de la pauvreté : rappelons que suivant comment il est calculé, le seuil de pauvreté en France est actuellement fixé autour de 800 ou 1000 €.

Je ne vais pas non plus expliquer ce qu’est le revenu universel, comment ça marche, etc. Je vais juste répondre à cette critique qui (à part celle sur le financement) est sans doute la plus fréquente et me fait bondir à chaque fois. Parce que la critique sur le financement, c’est une critique sur la forme, les conditions de réalisation d’une telle mesure. Admettons.  Y a des choses à y répondre, mais d’autres l’ont fait mieux que moi. Je vous laisse chercher. Alors que cette critique-là s’en prend directement au fond : le revenu universel c’est pas bien parce que plus personne ne ferait rien.

« Une France d’assistés ? »

Les gens qui émettent cette critique n’ont visiblement pas très haute opinion de leurs contemporains, et en tant qu’humaine, je me sens un peu insultée. Donc voilà. J’y réponds. Lire la suite

Tentative d’Incubation d’Antéchrist

Cette nouvelle, d’abord publiée individuellement chez Láska, fait l’objet d’une réédition dans une anthologie papier et numérique  consacrée à la romance paranormale : Vampires, Démons et Métamorphes. Bon, je fais partie de ces auteurs perpétuellement insatisfaits qui détestent relire leurs vieux textes parce que leurs maladresses les font grincer des dents.

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Du coup, quand j’ai dû relire celui-ci pour valider le BàT de cette nouvelle antho, et que je me suis carrément marrée, je dois dire que ça a été une sacrée bonne surprise. J’écris rarement de l’humour, c’est d’ailleurs mon seul texte appartenant à ce genre à avoir été publié, alors constater que ça fonctionne, c’est rassurant, hein.

Alors, pour rentrer un peu dans les détails, cette histoire, c’est celle de l’incube Azelmoth à qui on demande ni plus ni moins d’aller inséminer une humaine pour créer l’Antéchrist. Eh oui ! Rien que ça. Lire la suite

Traduction : La Vérité sur Ryan

Eh bien ! Entre ça et les deux sorties le même jour de Feximal et Swift il y a deux semaines. J’ai une sacrée productivité du côté de la traduction. Alors non, non, non, je vous rassure, je ne traduis pas un roman en une semaine ! C’est des travaux qui se sont étalés sur des mois, c’est juste que badaboum, ils sortent tous en même temps !

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Donc la Vérité sur Ryan, par Devon McCormack, c’est du New Adult, de la romance MM très soft.

La Vérité sur Ryan

Le pitch : Steven rentre du lycée, pose son sac dans sa chambre, et se retrouve nez à nez avec Ryan, son ami dont il est secrètement amoureux. Problème : Ryan est mort. Il s’est suicidé quelques jours auparavant.  Lire la suite

« L’érotique, c’est facile »

Il y a quelques temps, j’ai eu la chance de participer à un atelier d’écriture en anglais. En se présentant aux autres auteurs, la même question revenait : dans quel(s) genre(s) écrivait-on ? Comme j’écris un peu de tout, je me suis amusée à varier les réponses suivant mes interlocuteurs : « de la SF », « de la fantasy », « de la romance », « de l’érotique ». Si les deux premières obtenaient comme réaction un « ah cool » souvent suivi d’un « moi aussi », indiquer que j’écrivais de la romance me valait un « oh, c’est pas trop mon genre, mais bon… » auquel je dois dire que je m’attendais. En fait, la réaction qui m’a le plus étonnée, a été celle qui suivait mon aveu d’être une auteure d’érotique : « de l’érotique, ah oui, c’est facile, ça. Et puis ça rapporte. » Étonnée, et un peu vexée, il faut bien l’admettre.

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Moi c’est plutôt dans les factures, que je nage, hein.

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Traductions : Jack Swift et Simon Feximal

Ajourd’hui, c’est jour de double sortie : deux de mes traductions paraissent le même jour chez MxM Bookmark, et c’est deux gros coups de cœur pour ma part. Vous vous retrouvez donc avec l’embarras du choix parce que ce sont deux lectures que je vous recommande chaudement !

Ce sont deux histoires qui appartiennent aux genres de l’imaginaire, ce qui fait que je me suis bien amusée à les traduire, parce qu’il y avait tout un univers à transposer en français.

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Le Carnet secret de Simon Feximal

Dans un hommage à la littérature d’aventures du XIXe siècle, KJ Charles donne la parole à Robert Caldwell, le chroniqueur des fameux « Carnet de Simon Feximal », le chasseur de fantômes. Sauf que Robert en a marre : Lire la suite

Lecture : Neverwhere, de Neil Gaiman

J’ai entendu parler du concept d’urban fantasy il y a bien des années, mais, à part peut-être une ou deux nouvelles dans la revue Faëries éditée par Nestiveqnen, il s’est passé bien du temps avant que j’aie l’occasion d’en lire. Et quand c’est finalement arrivé, l’urban fantasy semblait plus ou moins s’être confondue avec la bit-lit, c’est à dire, des histoires centrées sur une « héroïne forte » qui castagne des démons, des vampires ou des loups-garous. Ce qui, ouais, j’en lis de temps en temps, mais c’est pas plus que ça ma tasse de thé.

J’attendais de l’urban fantasy quelque chose de plus… vaste : le même genre d’ « échelle » que dans les classiques de la fantasy, avec véritablement tout un monde à découvrir, et pas juste des créatures fantastiques dans un contexte contemporain. Mais avec l’idée que ce nouvel univers serait intimement lié à la ville, au monde urbain.

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Et c’est précisément ce qu’offre Neil Gaiman avec Neverwhere. La magie, l’étrangeté, l’autre, l’ailleurs… ce que j’aime dans la fantasy classique où on est en principe dans les grands espaces, les montagnes, les plaines, ici, tout ça est filé dans le tissu même qui fait la ville. Et j’adore. Lire la suite