Lecture : Neverwhere, de Neil Gaiman

J’ai entendu parler du concept d’urban fantasy il y a bien des années, mais, à part peut-être une ou deux nouvelles dans la revue Faëries éditée par Nestiveqnen, il s’est passé bien du temps avant que j’aie l’occasion d’en lire. Et quand c’est finalement arrivé, l’urban fantasy semblait plus ou moins s’être confondue avec la bit-lit, c’est à dire, des histoires centrées sur une « héroïne forte » qui castagne des démons, des vampires ou des loups-garous. Ce qui, ouais, j’en lis de temps en temps, mais c’est pas plus que ça ma tasse de thé.

J’attendais de l’urban fantasy quelque chose de plus… vaste : le même genre d’ « échelle » que dans les classiques de la fantasy, avec véritablement tout un monde à découvrir, et pas juste des créatures fantastiques dans un contexte contemporain. Mais avec l’idée que ce nouvel univers serait intimement lié à la ville, au monde urbain.

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Et c’est précisément ce qu’offre Neil Gaiman avec Neverwhere. La magie, l’étrangeté, l’autre, l’ailleurs… ce que j’aime dans la fantasy classique où on est en principe dans les grands espaces, les montagnes, les plaines, ici, tout ça est filé dans le tissu même qui fait la ville. Et j’adore. Lire la suite

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Osez 20 histoires de soumission

Je suis rentrée dans la collection Osez via leur volume sur le coup de foudre. C’était un thème assez fleur bleue (même si on précisait bien coup de foudre sexuel) qui me convenait bien en tant qu’autrice de romance. On mesure le chemin parcouru avec cette cinquième publication chez la Musardine : Osez 20 histoires de soumission. Et ce qu’il y a de sûr, c’est que cette histoire ne fait pas dans la dentelle. Et ma nouvelle non plus : j’ai même un peu choqué mon compagnon qui me sert de relecteur. soumission

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Et la fanfic alors ? – L’homme idéal est un connard

L’homme idéal est un connard

  1. La romance et les clichés
  2. Et la fanfic alors ?

Dans l’article précédent, j’expliquais pourquoi je n’aime pas beaucoup ce cliché : d’abord, ce n’est pas très réaliste, et ensuite, ça donne une vision assez dérangeante des rapports hommes-femmes.

Et pourtant…

Pourtant, il se trouve que j’ai moi-même écrit pas mal de romances qui partaient de là : une fille à laquelle on s’identifie, un mec odieux, deux personnages qui ne peuvent pas se voir et vont pourtant finir par se rapprocher et tomber amoureux.
Pas la peine de chercher sur ce blog, vous ne trouverez pas ces histoires dans ma bibliographie.
Eh oui : c’étaient des fanfictions.

@ Funny Waffle

© Funny Waffle

Du coup, je vais nuancer un peu mon article précédent et expliquer ce qui peut être intéressant dans les histoires qui suivent ce schéma, et pourquoi ça fonctionne. Lire la suite

Traduction : Denton et les esprits, Lou Harper

C’est sorti tout récemment aux éditions Reines-Beaux et c’est un coup de cœur pour moi. Ce qui tombe bien, vu que j’ai eu la chance d’en être la traductrice. Ça a été l’occasion pour moi de découvrir cette auteure et son univers. Un univers ma foi un peu déjanté, très fun, et dans lequel il fait bon s’immerger. Pour tout vous dire, à peine ce roman fini, et j’ai déjà envie d’y retourner.

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Antho : Pour une chance avec toi

Péripéties éditoriales

Mon tout premier texte publié, Le Correspondant inattendu, est aussi celui qui a eu l’histoire éditoriale la plus mouvementée. Sorti tout d’abord en nouvelle unique au format numérique aux éditions Láska, j’ai ensuite eu le plaisir de le voir publié en compagnie d’autres nouvelles M/M pour une anthologie intitulée Doublement mâle, toujours aux Éditions Láska. Malheureusement, cette anthologie n’a pas fait très long feu, certains des auteurs au sommaire ayant rapidement voulu récupérer les droits de leurs nouvelles. Pourtant, Láska avait le projet de sortir un recueil de nouvelles M/M en format papier.

                                                    LeCorrespondant doublement-male retrouve-moi pour-une-chance

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Osez 20 histoires de sexe dans les vestiaires

C’est toujours avec plaisir que je reçois mon exemplaire d’auteur des anthos de la Musardine, parce que je sais que dans toute cette variété, il y aura forcément des nouvelles qui me plairont.

Je vous en présente certaines parmi celles qui m’ont le plus marquée, et puis je finirai en vous parlant un peu de la mienne.

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Coups de cœur

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La romance et les clichés : l’homme idéal est un connard

  1. La romance et les clichés

  2. Et la fanfic alors

Comme tout genre un tant soit peu codifié, la romance est sujette à voir se développer tout un tas de clichés. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Du coté des lecteurs, les clichés peuvent être ce qui fait qu’on a plaisir à lire, parce qu’on s’embarque dans une histoire en étant déjà un peu en terrain connu, et on sait que ça va nous plaire. Du coté des auteurs, c’est un terrain de jeu formidable, parce qu’il y a cette connivence avec les lecteurs, mais aussi parce que s’amuser à détourner les clichés peut donner lieu à des textes très créatifs et extrêmement plaisants à écrire.

Cela dit, quand les mêmes tropes sont utilisés encore et encore, sans aucune tentative d’originalité, on peut vite arriver à saturation. Mais surtout, à force d’être répété, au lieu d’être une simple histoire lue et puis oubliée, le cliché prend une valeur de vérité, on en vient à tirer des généralisations inconscientes quand on lit, dix, vingt, cent fois la même chose.

Du coup, je trouve certains clichés un peu dérangeants. Ce n’est pas le fait qu’un certain schéma soit utilisé une fois dans une histoire, mais bien le fait de le voir revenir ad nauseam, parce que ça crée une mentalité où on ne remet plus en questions certaines choses qui nous paraissent simplement naturelles.

Je te déteste… non, je t’aime

Le cliché que je veux examiner ici est celui du connard dont l’héroïne  tombe amoureuse. En soi, pourquoi pas, vous me direz, le plus intéressant dans une histoire, c’est souvent l’évolution des personnages, et quoi de plus radical comme évolution que de passer de deux personnages qui se détestent à un couple d’amoureux.
Et encore une fois, si c’était une histoire de temps en temps qui racontait ça, ça serait pas grave du tout, bien au contraire. Le problème, c’est que c’est le schéma dominant de la romance, celui qu’on retrouve presque à toutes les sauces.

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Lecture : À un stade du plaisir, Valéry K Baran

Opération séduction chez HQN à l’occasion de la coupe du monde de rugby avec toute une collection de courts romans remplis de beaux rugbymen.

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Alors, quand j’ai entendu associer les mots littérature érotique et rugby, des images de certains calendriers me sont revenues en mémoire et je me suis dit que c’était le genre de sujet parfait pour du M/M steamy hot. Je m’attendais donc à ce que plusieurs des novellas proposées appartiennent à ce genre. Je me suis d’abord jetée sur celle de Valéry K. Baran parce que c’est une auteure que je connais et apprécie, avec l’intention de compléter cette chronique avec d’autres textes 100% sexy rugby en mode M/M. Mais à ma grande surprise, celui de Valéry est le seul. J’ai été un peu déçue parce qu’à mon avis le sujet avait énormément de potentiel en M/M mais bon, la nouvelle de Valéry est vraiment bonne, donc je suis contente quand même.

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Elle est construite de façon intéressante avec toute une série de flash-backs qui permettent de démarrer dans le vif de l’action et puis de présenter les personnages au fur et à mesure. Ça permet aussi de balancer agréablement les scènes chaudes avec l’intrigue, de créer une progression dans le côté sexy sans jamais qu’il y ait de lassitude pour autant.

Les personnages sont bien construits, avec un background intelligemment posé – même s’il est évidemment plus développé pour Josh, le personnage principal, que pour son partenaire, Damien – des motivations cohérentes et des contradictions qui les rendent humains, réels. Et en seulement 75 pages, Valéry parvient à faire évoluer et grandir son héros, de façon crédible. C’est d’ailleurs un des thèmes principaux du texte : un tout jeune homme qui apprend à apprivoiser sa sexualité. On part donc d’un perso violent, impulsif et quand même pas mal macho et c’est un plaisir de voir Valéry dérouler le fil de son histoire, pour nous montrer d’abord ce qui a fait qu’il s’est construit ainsi et comment il va parvenir à dépasser ses réticences et vivre vraiment qui il est.

Forcément, tout ça donne pas mal de tensions, de non-dits et de violence entre les deux héros et la nouvelle s’ouvre sur une scène de bagarre qui mène à du sexe. Alors voilà, tout ça c’est des thèmes que j’aime beaucoup mais qui, mal traités, peuvent donner des trucs assez catastrophiques. Heureusement, il n’en est rien dans cette nouvelle et Valéry mène le sujet de main de maître. Oui, il y a un mélange de sexe et de violence, des frustrations qui prennent le pas sur la raison, mais ce n’est pas malsain au sens où le personnage se rend immédiatement compte qu’il y a un problème avec sa façon d’agir, et travaille sur lui-même pour le régler.

Enfin, je m’attendais un peu à ce que le rugby ne soit qu’un décor un peu accessoire, une simple toile de fond pour raconter une histoire hot. Ça ne me dérangeait pas car je ne suis pas une grande fan de sport, mais Valéry m’a forcée à me prendre au jeu, à m’intéresser aux termes techniques et à vouloir suivre la trajectoire de ces jeunes joueurs, pas seulement sur le plan de leur vie sentimentale mais aussi en ce qui concerne leur carrière.

Lecture : En plein cœur, Anne Rossi

Anne Rossi est une auteure dont je vous ai déjà parlé. Notamment, parce qu’une de ses nouvelles apparaissait dans l’anthologie Nouvelles do Brasil, d’HQN. Anne est une auteure multi-genres que je retrouve toujours avec plaisir, que ce soit pour de l’historique, du M/M, du new adult ou, comme c’est le cas pour le titre dont je vous parle aujourd’hui, de l’urban fantasy, avec une nouvelle publication chez HQN.

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