2016 : mon année d’écriture

Cette année, j’ai eu l’occasion de participer à des ateliers d’écriture en anglais. Ça faisait plusieurs années que je n’avais pas écrit en anglais et c’était une expérience plaisante. Évidemment, c’est un peu plus compliqué d’écrire dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle, et d’un autre côté, comme ça laisse un peu moins de choix, ça facilite les choses en cela qu’on est obligé d’aller à l’essentiel. J’ai écrit quelques nouvelles, principalement de la SF et de la fantasy – pour le moment, je n’ai encore jamais vraiment écrit de romance ou d’érotique en anglais – dont je suis assez satisfaite. Je n’ai à l’heure actuelle pas de projet de publication avec ces textes, je les ai surtout écrits pour moi, pour me prouver que je pouvais le faire. Lire la suite

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Ce que j’écoute en écrivant

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, le silence n’est pas forcément ce qui réussit le mieux à ma concentration. J’aime bien avoir un petit fond sonore, ça stimule mes neurones. Sans compter que des fois, on est obligé de subir le bruit des autres (chien qui aboie, bébé qui pleure…) et là, c’est limite indispensable d’avoir de quoi bloquer ça.

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Écouter de la musique en écrivant ?

Mais écrire requiert un certain état d’esprit, et lancer le dernier disque de son groupe préféré à fond n’est peut-être pas la solution idéale. Personnellement, une musique qui contient des paroles en français ou en anglais aura bien tendance à me déconcentrer, et en fait, même dans une autre langue, je préfère qu’il n’y ait pas de paroles du tout. Et puis il ne faut pas que ce soit trop rythmé, trop joyeux, trop ceci ou trop cela. Oui, je suis difficile !

Au fil du temps, j’ai développé un petit arsenal de trucs à écouter pendant que j’écris ou travaille, qui me permettent de rester concentrée sans sombrer dans « l’angoisse du silence total ». Aujourd’hui, je les partage avec vous. Essayez-les, vous en adopterez peut-être certains ! Lire la suite

Écrire pour vivre, ou vivre pour écrire ?

Écrire pour vivre, dans le sens “vivre de son écriture” est une question que les auteurs en herbe se posent terriblement souvent. “Est-ce que j’écris assez bien ? Est-ce que je pourrais, moi aussi, écrire un (ou plusieurs, soyons fous !) bestsellers ? Est-ce que je pourrai un jour en vivre ?”

Assez tristement, la réponse à ces deux dernières questions est presque toujours “non”. Bien sûr, il y a des façons de promouvoir ses écrits, de les mettre en valeur, de les vendre, pour parler franchement. Mais avant d’en arriver là, je voudrais qu’on commence par la base. Avant de se prendre pour J.K. Rowling, je voudrais qu’on se demande comment écrire. Pour publier quelque chose de correct, il faut forcément en passer par là (sauf si on s’appelle Maxime Chattam, mais gardez à l’esprit que les intrigues bien ficelées ne font pas toujours un bon écrivain.)

Un des meilleurs conseils qu’on pourra vous donner serait : “Écris tous les jours.” Et selon moi, le pire conseil que vous pourriez respecter serait : “Ne fais que ça.”

Pourtant, c’est tentant. Allez, qui ne l’a jamais souhaité ? Toute la journée devant son ordi, tranquille peinard, à tapoter sur son clavier sans se soucier de rien, ni aller au travail. Le rêve. Mais est-ce que c’est si bon que ça pour la qualité de ce que vous écrivez ? Possédez-vous assez de matière créative brute pour vous passer d’une vie à l’extérieur, où vous voyez du monde, où vous entendez des histoires ?

Je vais me calmer avec mes questions rhétoriques et expliquer clairement mon avis : non, je ne pense pas que ce soit possible de créer quelque chose de qualité sans jamais sortir de chez soi. Je pense que le processus créatif qui précède l’écriture nécessite que l’on fasse sans cesse l’expérience de nouvelles choses.

Pour moi, les idées viennent souvent quand je traverse un lieu particulier, je pense notamment à une rue sur mon chemin entre chez moi et la gare où je dois me rendre chaque matin. À chaque fois que je passe dans cette rue, je pense à une histoire en particulier qu’elle m’a inspirée, et à chaque passage, l’histoire devient un peu plus complexe. J’imagine de nouveaux détails, de nouvelles ramifications au sein du récit, je tourne une scène précise dans tous les sens. Passer là tous les jours me permet de travailler mon récit quotidiennement, sans forcément m’asseoir devant mon fichier de texte.

Mais on peut aussi s’inspirer de ce qui existe déjà. C’est bien connu, on n’invente plus rien, et ce depuis la nuit des temps. On ne fait que broder et réinventer avec notre voix des fractions d’histoires que nous ne pouvons pas avoir inventées de toutes pièces. Alors pourquoi ne pas puiser directement dans la vie réelle pour nourrir vos histoires ? Rien ni personne ne vous oblige à réutiliser ces sources d’inspiration telles quelles. Lorsque j’avais dix ans, je prenais le soin de chercher dans le calendrier des prénoms qui n’étaient portés par absolument personne de ma connaissance, de peur que les gens croient que je les avais intégrés à mes histoires. Déjà, mes personnages s’appelaient assez vite Eugénie et Prosopopée (après avoir épuisé le calendrier, j’étais passée au dictionnaire. On n’arrivera jamais à expliquer aux nouvelles générations la vie sans internet.)

Aujourd’hui, j’ai changé de tactique : je mélange tout. Je prends toutes les idées qui m’intéressent et me font vibrer, je mets tout sur un grand canevas (figurativement) et j’essaie de les relier à d’autres choses que j’ai déjà en magasin, je construis des ponts, je reviens modifier un détail, puis un autre, j’insère en cours de route un élément d’une conversation que je viens d’avoir, saupoudré d’un peu d’un souvenir qui me semblait aller avec. À la fin, je secoue tout très fort, et je me retrouve avec la feuille de route d’une histoire. À partir de là, je me lance dans l’écriture, et il y a énormément de chances que ça n’ait plus grand-chose à voir avec les sources “pures” de mon inspiration.

Voilà pourquoi je pense qu’un des conseils d’écriture les plus précieux reste de vivre au moins autant qu’on écrit. L’écrivaillon en chacun de nous affectionne particulièrement le confort moderne d’un bureau éclairé, chauffé, confortable, avec un contact minimal avec l’extérieur et des sources infinies d’information grâce à Wikipédia, Youtube et consorts. Ces sources existent et ce serait stupide de s’en priver. Ce serait très hypocrite de ma part de soutenir le contraire : j’ai assisté le mois dernier à un MOOC (un cours d’université en ligne gratuit) sur la médecine légale, un petit fantasme pour beaucoup d’auteurs qui ne peuvent pas tous se payer un master 2 spécialisé mention médico-légal.

Par contre, il ne faut pas se limiter à ces sources. Pour faire vibrer vos textes, il faut vibrer vous-même, et pour ça, il faut se salir les mains. Marchez pieds nus dans l’herbe. Restez debout sans bouger sous la pluie pendant une minute entière. Regardez les gens dans les transports, dévisagez-les, demandez-vous si vous ne pourriez pas obtenir une super description de personnage en mélangeant les visages de deux personnes assises près de vous dans le wagon. Prêtez attention aux voix et aux intonations. Enregistrez l’attitude et la personnalité des gens qui vous entourent. Intéressez-vous aux autres pour pouvoir donner des professions variées à vos personnages. Écoutez les gens vous parler de ce qui les intéresse.

La meilleure base du récit de fiction, ce sont des morceaux de réalité.