Osez 20 histoires de sexe dans les vestiaires

C’est toujours avec plaisir que je reçois mon exemplaire d’auteur des anthos de la Musardine, parce que je sais que dans toute cette variété, il y aura forcément des nouvelles qui me plairont.

Je vous en présente certaines parmi celles qui m’ont le plus marquée, et puis je finirai en vous parlant un peu de la mienne.

vestiaire

Coups de cœur

J’ai beaucoup aimé Le maillot dix, de Blanche de Saint-Cyr. J’ai apprécié la façon dont elle met en scène un personnage handicapé, sans le réduire à son handicap, bien au contraire. On n’est ni dans l’apitoiement stérile, ni dans le fétichisme, mais simplement dans la réalité, avec du désir entre deux jeunes gens, point. La nouvelle a en plus cette petite pointe d’innocence romantique qui, je trouve, fait du bien au milieu de textes qui sont souvent très cul.

Dans un genre très différent, j’ai aimé Mâle Barré, de MMK. On est plus du tout dans le réalisme, mais au contraire, dans le scénario de bon gros porno avec ce que ça implique d’outrance, mais le style et les personnages m’ont emportée. Un langage adolescent et violent qui m’a captée du début à la fin du texte.

La théorie du grain de sable, de Jon Blackfox, m’a plu aussi. Le scénario en est un poil plus recherché que le basique « on se croise dans un vestiaire, on baise », et j’ai trouvé ça intéressant. Ça commence par un livre mystérieux et une obsession. Mais au lieu de régler ça dans le vestiaire où tout a commencé, le personnage ramène son obsession à la maison, dans les bras de sa femme. J’ai apprécié cette description d’un désir conjugal toujours bien vivace.

Cerise, de Charles R. Santiago, démarre lui aussi sur une obsession. C’est sans doute un des textes les plus littéraires du recueil, avec de jolies tournures.

J’ai aussi retrouvé avec plaisir ChocolatCannelle qui comme à son habitude fouille en profondeur ses personnages (sans mauvais jeu de mots) et fait remonter jusqu’à l’enfance la peinture des rouages qui les agite. Le texte s’appelle La Mascotte et s’intéresse au lien entre une jeune femme ronde et peu sûre d’elle, et le hockey sur glace. L’univers de ce sport me semble bien rendu, ce qui ne gâche rien.

Clarissa Rivière est peut-être celle qui colle le mieux au sujet : Le repos du sportif ne se concentre pas sur un personnage ou un couple en particulier, mais bien sur les vestiaires eux-mêmes, et tout ce qui peut s’y passer.

Les garçons dans les vestiaires

Ouais, le clip va vous mettre dans l’ambiance.

Avec un thème comme ça, c’était bien sûr l’occasion d’avoir quelques nouvelles gay et lesbiennes, et je n’ai pas été déçue.

Julien Ligny est un habitué du genre et j’aime retrouver sa plume crue et sans détour au fil des différents recueils de la Musardine. Ma honte est dans la lignée de ce qu’il écrit d’habitude : des hommes, du désir brut, un texte explosif.

Le grand envol de Flore Cherry s’intéresse aussi à ce que font les mecs dans les vestiaires. Son narrateur est fasciné par un autre athlète, son charisme, la puissance sexuelle qu’il dégage. Ce qu’il prend pour de la jalousie se mue rapidement en autre chose.

Noann Lynne et Maude Okyo ont choisi toutes les deux de se pencher sur les amours saphiques, et elles le font toutes les deux via l’angle du voyeurisme avec L’œilleton et Entre les lames. Des textes plaisants et sexy.

Message subliminal

En parcourant à nouveau le recueil pour préparer cette chronique, je me suis rendu compte que trois textes avaient un incipit très similaire. Je vous les livre parce que ça m’a fait sourire :

Je déteste nager. J’ai toujours détester nager.

Je dois avouer que j’ai toujours détesté le sport, depuis toute petite, quand le prof de natation m’obligeait à mettre la tête sous l’eau.

Elle avait une sainte horreur du sport. De tous les sports.

Les petits secrets d’Annie C.

Je termine donc en vous parlant de ma nouvelle. Avec ce texte, j’ai décidé de m’amuser un peu avec les conventions du genre. J’avais déjà eu trois publications dans la collection Osez : une nouvelle hétéro, une F/F et une M/M. Je me suis donc demandé ce que je pourrais faire ensuite. Eh bien non, pas le plan à trois, ça, c’est pour le prochain : Osez 20 histoires de soumission !

Je me suis donc amusée à mettre en abyme le recueil : mon personnage lit des histoires de sexe dans les vestiaires, et on a donc des passages hétéros, gays et lesbiens. C’était aussi l’occasion de jouer avec le style, du très cru au plus suave. Les éditeurs ont joué le jeu de la mise en abyme : ils ont modifié légèrement ma description de la couverture du recueil vu que je m’étais un peu trop avancée – j’avais imaginé des sportifs tout suants plutôt que la jolie demoiselle avec son ballon.

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