Paulette : le donjon – Sur les hauteurs de Camaret

Vous l’avez sans doute remarqué, les ATs ça me motive généralement bien pour écrire. Et c’est en répondant à l’un d’eux que je me suis retrouvée à participer au lancement de la collection Paulette, aux toutes jeunes Éditions du 38.

E38

Le 38 c’est un éditeur qui fait principalement du numérique et qui fait une belle part à l’érotisme au sein de ses publications, avec plusieurs sous-collections au sein de la collection 38 nuances de X. La collection Paulette fait donc partie de ces 38 nuances de X et propose des recueils de nouvelles thématiques réunissant plusieurs auteurs.Les deux premiers thèmes à explorer étaient « Donjon » et « Miroirs ». Je me suis essayée aux deux et j’ai eu le grand plaisir de voir mes deux nouvelles retenues.

Donjon : Tour Sud et Tour Ouest

Donjon a donné lieu à un coffret de deux ebooks, la Tour Sud et la Tour Ouest. Et comme j’aime bien partager mes lectures, c’est l’occasion pour moi de vous parler des textes de mes collègues, en plus du mien. En sommaire de la Tour Sud, vous trouverez, outre ma nouvelle, celles de ChocolatCanelle, Fleur Deschamps, Alana Smith, Marcel Lourel et Isabelle Lorédan. Dans la Tour Ouest, ce sont les plumes de Clarissa Rivière, Sixtine, Céline Mayeur, Alexandrine d’Aumale, Ava Castel et à nouveau Fleur Deschamps qui feront vibrer Paulette.

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Alors, j’ai été un peu surprise parce qu’au vu du pitch de la collection :

Paulette, c’est une jeune femme sans complexes, qui aime rire, qui aime le sexe, bref une belle coquine qui pratique le sexe joyeux ! Paulette, elle mélange en elle tous les fantasmes des hommes et des femmes, elle est multiple, et surtout elle attend que vous lui fassiez vivre des débauches et des orgasmes à la pelle.

je m’attendais à une plus grande unité de ton entre les textes, et à une Paulette plus en charge de sa sexualité. Au lieu de quoi, ce double recueil fait la part belle aux histoires de soumissions féminines. Vous me direz, avec un thème tel que « donjon », c’est pas étonnant qu’on y trouve un bon nombre d’histoires BDSM. Mais voilà, je m’attendais à une Paulette un peu plus délurée, au lieu de quoi, elle est souvent novice et un peu effarouchée dans ces nouvelles.

Paulette soumise

Ainsi, Mon mémorable enlèvement, de Céline Mayeur, Donjons et dragons, de Clarissa Rivière, Blood Flower, d’Alana Smith, et L’exorcisme de Marie-Laure, d’Isabelle Lorédan nous présentent tous des jeunes femmes non seulement soumises mais qui semblent peu maîtriser le tournant sexuel de leurs aventures. Alors j’ai rien contre la soumission en tant que tel, mais j’aurais aimé sentir que ça partait vraiment du désir de ces femmes, et non pas que c’était quelque chose qu’on leur imposait. J’aurais pu être vraiment conquise par Donjons et dragons, l’idée du jeu de rôle qui se transforme en jeu sexuel, c’est sympa, et l’écriture de Clarissa Rivière est très agréable, mais j’avoue que j’ai été un peu gênée par le fait que l’héroïne semble avoir été droguée. J’aurais eu une approche plus décontractée de cette lecture si j’avais été certaine qu’elle était consentante et en pleine possession de ses moyens.

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Mon mémorable enlèvement plonge l’héroïne dans un flou artistique du fait qu’on la prive de ses lunettes et ce flou lui permet d’oser des choses qu’elle ne se serait sans doute pas permise autrement. L’idée était très chouette, mais j’avoue que le côté super prédateur du personnage masculin m’a mise mal à l’aise. Et puis, je n’ai pas été totalement convaincue par la description qui est faite de la sensation que cause à une myope la perte de ses lunettes. Certes, on perd ses repères, mais on n’en devient pas aveugle pour autant. Ainsi, la scène où elle ne peut identifier la nourriture qu’au goût et pas à la vue m’a fait un peu sortir de l’histoire, parce que en tant que myope, je sais qu’on voit très bien de près, et que reconnaître les aliments ne serait pas un problème.

Si le texte m’a plu dans l’ensemble, je n’ai pas été très convaincue par la chute de Blood Flower, un peu trop classique, et si au début j’étais à fond dans le récit, un certain effet de surenchère m’en a fait sortir peu à peu. C’est aussi la surenchère qui m’a posé problème dans L’exorcisme de Marie-Laure, ou le fait que je n’arrivais pas à croire à ce scénario. Autant, ça aurait été présenté comme un jeu de rôle entre adultes consentants, j’aurais trouvé ça très fun, autant là, ce scénario d’exorcisme avait un côté trop porno, pas assez réaliste pour que je rentre vraiment dedans.

Paulette conquérante

Dans l’ensemble, j’ai préféré les histoires qui donnaient un rôle actif à Paulette, que ce soit celle de ChocolatCannelle dont le titre Naissance d’une Domina pose assez bien le sujet ou d’Ava Castel, Un jeu de patience. Dans ce dernier texte, une femme rend la monnaie de sa pièce à son mari, et c’est à la fois très cul et très tendre, et j’aime ce genre de mélange. J’ai trouvé que le texte était sensuel tout en posant bien les personnages, j’ai apprécié le point de vue masculin écrit par une femme, bref, ça m’a plu.

Naissance d’une Domina était intéressant pour la façon dont il mêle le fantasme au présent et au futur, on ne sait plus trop quand et où on est… troublant. Ce n’est que le deuxième texte de ChocolatCannelle que je lis, (le précédent se trouvait dans l’antho Osez – coup de foudre) mais je lui retrouve cette tendance à donner à ses personnages un arrière-plan biographique : on remonte assez loin pour nous expliquer qui ils sont, comment ils se sont construits.

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Avec Tante Jeanne en son donjonAlexandrine d’Aumale parvient à écrire un texte frais, non dépourvu d’humour, malgré l’ambiance un peu chargée de ce manoir dévolu aux joies de la soumission sexuelle où évolue son héroïne. J’ai aimé, notamment, tout le jeu avec le majordome, ses sous-entendus et la façon dont la jeune femme prend peu à peu conscience que c’est à elle de mener la danse.

Mon texte préféré a été Abandon, de Sixtine, d’abord, parce que l’écriture en est agréable, que les scènes sont très croustillantes, mais c’est surtout la personnalité de la narratrice qui m’a plu. J’ai aimé qu’elle n’hésite pas à recadrer les hommes qui l’entourent, qu’elle pose clairement les règles du jeu, et aussi la façon dont elle interagit avec l’inconnue qui se livre à elle. Il se dégage de toute la scène une sensation de mystère et de classe. Très plaisant.

Paulette inattendue

J’ai été très surprise par le texte de Fleur Deschamps, La prison des fées : je ne m’attendais pas à cette histoire de magicien proxénète et de chevalier vicieux chez Paulette, que j’imaginais plus contemporaine. J’avoue que je n’ai pas trop accroché, le thème ne me parlant pas plus que ça.
Par contre, j’ai beaucoup aimé l’autre nouvelle de Fleur Deschamps, Messire Bertold, une aventure en Donjon, où l’auteure mélange habilement les époques et passe d’une scène à l’autre avec brio.

© Aeltari

© Aeltari

Le texte qui tranche le plus au niveau du ton est sûrement celui de Marcel Lourel, A huis clos. Il y a là le vocabulaire d’un Frédérique Dard, mais aussi des envolées lyriques, et pas mal d’effets stylistiques. Ceux-ci ne m’ont pas toujours convaincue, j’ai trouvé un peu artificiel l’alternance entre les passage à la troisième et à la deuxième personne, par exemple. Reste que j’aime bien les textes qui essaient de présenter quelque chose de différent au niveau de l’écriture, et ici on est servi. Mention spéciale pour la chute, à laquelle j’étais loin de m’attendre.

Sur les hauteurs de Camaret

Je finis en évoquant mon texte à moi. Ha. Il n’y a pas de façon élégante de faire ça, si ?

Bref, à la base, comme m’aventurer sur la voie SM du thème Donjon ne m’inspirait pas, je suis partie sur une histoire toute simple de couple qui baise dans des ruines parce que c’est cool. Sauf qu’après avoir emmené le couple en question dans les ruines, le déclic ne se faisait pas. Et là, j’ai compris qu’en fait, mon héroïne était destinée à baiser avec quelqu’un d’autre, au moins dans cette nouvelle-ci. Du coup, le scénario est un petit peu plus tarabiscoté que ce que j’avais prévu au départ.

Le décor de "Sur les hauteurs de Camaret"

Le décor de « Sur les hauteurs de Camaret »

Et c’est tant mieux, parce que j’ai tellement aimé la relation un peu tordue qui se met en place entre ma « Paulette » (je n’ai pas donné de prénom à ma narratrice) et l’homme avec qui elle ne couche pas, que j’ai continué leurs aventures dans un autre texte, qui paraîtra également dans la collection Paulette.

À suivre, donc…

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4 réflexions sur “Paulette : le donjon – Sur les hauteurs de Camaret

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