Lecture : Quatre ans, deux mois et dix-huit jours – Valéry K. Baran

l laska

Quatre ans, deux mois et dix-huit jours. Une rencontre dans un bar du quartier gay de la capitale. la peur d’en franchir le seuil d’entrée. Le premier coup de sa vie et, paradoxalement, le meilleur. Trois jours passés ensuite ensemble à croire qu’il était amoureux. Une disparition. Des retrouvailles inattendues quelques semaines plus tard, puis d’autres bars, d’autres saunas, d’autres salles obscures, à ne plus savoir, parfois, s’il s’agissait bien de ses mains posées sur lui ou de celles d’autres, et l’essai de chaque meuble de l’appartement prêté par un copain.

J’ai une certaine tendance à accumuler les trucs que je veux lire, en piles physiques dans un coin de ma chambre, ou en piles métaphoriques sur ma liseuse. Et ce, même quand il s’agit de nouvelles qui se lisent tranquille en une petite heure, même quand s’agit de livres écrits par des copines, et même quand le résumé et les premières pages me font méchamment de l’œil. Donc, je lis fréquemment les trucs avec trois plombes de retard au lieu de le faire au moment de leur sortie. Mine de rien, ça a quand même ses avantages : d’une part, ça fait une bonne surprise à l’auteure qui ne s’attendait plus à recevoir de chroniques sur le texte en question. Et puis, comme c’est le cas avec cette nouvelle, eh bien ça me permet à moi d’enchaîner directement sur la lecture de la suite, au lieu de devoir attendre comme le commun des mortels — comprenez : les gens qui lisent les livres quand ils sortent.

Quatre ans, deux mois et dix-huit jours

Aujourd’hui, je vous parle donc de Quatre ans, deux mois et dix-huit jours, de Valéry K. Baran et de sa suite Cinq ans et neuf jours, nouvelles parues chez Láska. C’est typiquement le genre de bouquins que j’avais envie de lire, parce que rien qu’à voir les premières pages, je savais qu’il allait me plaire et dont pourtant je remettais sans cesse la lecture à plus tard, parce que j’avais toujours d’autres trucs en cours. Eh bien effectivement, je ne me suis pas gourée : j’ai beaucoup aimé.

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Le style est bon, vraiment, et ça c’est un des trucs les plus importants pour moi. Quand on dit « ça se lit bien », j’ai toujours vaguement l’impression que ce n’est pas aussi appréciateur que ça devrait l’être, qu’on qualifie ainsi une écriture sans accroche, fluide, mais qui justement ne retient pas le lecteur. Je ne dirais donc pas que ça se lit bien (vite) mais au contraire que ça se lit avec plaisir, qu’on a envie de revenir sur certaines phrases pour mieux les savourer. Le début, surtout, m’a fait cet effet-là, quand on est entièrement dans la tête du personnage, et pas encore dans l’action.

C’est une nouvelle catégorisée en tant que romance érotique, me semble, et effectivement, il y a un bon pourcentage de sexe au nombre de pages. Et c’est du sexe qui est à la fois super brûlant, très descriptif et osé, mais sans jamais tomber dans la vulgarité au niveau du langage. Et pour avoir souvent entendu Valéry s’exprimer sur ce sujet, je sais que c’est quelque chose qui lui tient à coeur. C’est donc tout à fait réussi dans Quatre ans. C’est aussi du sexe qui rime à quelque chose, une scène très pleine de signification dans la relation des deux personnages.

Bon, il faut peut-être que j’opère un mini retour en arrière et que je vous dise quand même en deux mots de quoi cause le bouquin. Eh bien il s’agit d’une relation compliquée entre deux hommes, il y a de l’amour d’un côté, mais de l’autre, ça n’a l’air d’être que du sexe. A moins que ? L’un des deux est parti sans explication, l’autre pense toujours à lui et se laisse aller à rêver tomber sur lui par hasard pour une dernière confrontation quand, justement, ça arrive. C’est le genre d’histoire qui me plaisent, je suis une fan des textes où la tension sexuelle monte à son paroxysme avant, qu’enfin, les personnages se jettent l’un sur l’autre.

Une suite bienvenue

Et je suis donc bien contente d’avoir retardé suffisamment ma lecture pour pouvoir enchaîner directement sur la suite, parce que la fin, par contre, m’a moins convaincue que le reste. Je trouvais que la résolution venait trop vite, que le personnage qui fuyait la relation cédait trop vite, et ça me donnait un peu l’impression d’une fin heureuse écrite rapidement pour coller aux impératifs de la romance. Du coup, avoir une suite où on découvre cette fois le point de vue de l’autre personnage, ça fait bien plaisir.

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Même si j’avais aimé Quatre ans, j’ai largement préféré Cinq ans, où l’auteure a le temps de davantage développer la psychologie des personnages, et pose intelligemment les enjeux : problème de confiance, peur du retour à une vie normale après des mois de vagabondage, différence des attentes au sein de la relation, estime de soi… Elle dessine aussi, outre nos deux héros, deux personnages secondaires très intéressants, auxquels elle parvient à donner rapidement de la substance malgré le format court de la nouvelle.

En plus de ça, on voyage, et moi j’aime les histoires qui me sortent de chez moi. Dépaysement assuré avec Cinq ans, où on se perd dans la jungle inondée du Guatemala, avant d’atterrir sur la plage de Livingston, où aucune route ne conduit. Très chouettes descriptions de Valéry qui nous plonge aisément dans cette ambiance chaude et tropicale. Et puis bien sûr, on est toujours dans une romance érotique, alors il n’y a pas que le climat, qui est chaud !

Bref, une lecture que je recommande à tous les amateurs de M/M.

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3 réflexions sur “Lecture : Quatre ans, deux mois et dix-huit jours – Valéry K. Baran

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