Mes premiers pas d’auteure

Comme pas mal d’autres ados, j’écrivais des poèmes fort narcissiques et des débuts de roman qui n’allaient jamais au-delà des cinq ou dix pages. Et je rêvassai qu’un jour, j’écrirai un livre — ou encore mieux, une trilogie ou une série en sept tomes — qu’il serait publié et que je serai riche et célèbre. Comme d’autres rêvent de devenir chanteuse ou actrice, je suppose.

Goncourt-couv

Sauf que bien sûr, à un moment, l’égocentrisme adolescent finit par s’affadir, et vous commencez à vous rendre compte que vous n’êtes pas la seule à gribouiller des poèmes qui ne riment pas — mais c’est des vers libres, enfin — et à vous lancer dans des romans que vous ne terminez jamais parce que vous n’avez pas la moindre base d’intrigue.

Premiers lecteurs

Ensuite de quoi, au lieu d’arrêter parce que j’avais accepté que je n’étais ni unique, ni géniale, c’est l’époque où j’ai commencé à faire lire mes textes à d’autres personnes. D’abord à des amies qui écrivaient aussi — on se lisait mutuellement autour d’une tasse de thé et ça finissait en nuit blanche à papoter. Très bon souvenir de mes années étudiante. C’est aussi l’époque où j’ai découvert la fanfiction. Et ça, ça a été un changement phénoménal dans ma façon de concevoir l’écriture. C’était la première fois, en effet, que de parfaits inconnus lisaient mes textes. Et avoir des retours, non de la part de vos amis, mais de gens extérieurs à votre vie et donc forcément plus objectifs, ça aide vraiment à cerner ce qui fonctionne et ce qui plante, dans vos textes.

En plus de ça, avoir des gens qui suivaient régulièrement ce que je faisais, qui attendaient la suite, même, m’a permis d’enfin écrire des histoires qui se construisaient sur la longueur, et non plus des débuts de trucs qui n’arrivaient jamais nulle part. De la fanfiction, j’en suis venue tout naturellement à publier certains de mes textes « originaux » sur le net. C’est comme ça, dans ce petit monde, qu’on appelle les textes qui ne sont pas des fanfictions, les textes où tout vous appartient de A à Z, des personnages à l’univers. Mais c’était des textes plus courts, des nouvelles, des trucs souvent un peu expérimentaux, pour m’amuser, pour essayer.

Procrastination et deadlines

Et puis au milieu de tout ça, je continuais à rêvasser qu’un jour, j’écrirai un « vrai » livre, un roman, et qu’alors là, le temps serait venu de me chercher un éditeur. Mais ce n’était jamais le bon moment. Je n’avais jamais le temps d’écrire un « vrai » livre. Il y avait toujours tel concours de fanfictions, tel atelier d’écriture que j’avais envie de faire avant. Écrire un roman, ou un truc digne d’être publié par un éditeur me semblait une tâche monumentale que je remettais toujours à plus tard. À « quand je serais grande. » Quand j’aurai le temps. L’été prochain, peut-être, pendant les vacances. Évidemment, ça n’arrivait jamais. J’avais toujours quelque chose à faire pendant les vacances.

C'est pas tout à fait faux, hein...

C’est pas tout à fait faux, hein…

J’aime écrire des nouvelles. J’aime construire mes intrigues de façon resserrée, me concentrer sur un petit nombre de personnages, raconter une action qui se déroule sur un temps limité. J’aime aussi qu’on me donne des contraintes et des deadlines. Les contraintes parce qu’elles stimulent mon imagination, et les deadlines parce qu’elles forcent ma productivité. Du coup, comme à un moment donné je commençais à épuiser les concours et les ateliers offerts par ma petite communauté d’écrivains amateurs, j’ai chaussé mes bottes d’exploratrice et je me suis partie à la découverte d’autres endroits sur le web qui réveilleraient ma créativité.

Appels à textes

C’est comme ça que je suis passée des concours aux ATs. Les fameux ATs, ou Appels à Textes pour les non-initiés. J’en voyais souvent passer, en fait, mais là encore c’était jamais le bon moment. Et puis il y a eu cet AT des Éditions Láska. Je suivais de près ce qui se passait chez cet éditeur, parce qu’il avait mis en place un système d’abonnements que je trouvais tout à fait intéressant, et aussi que l’éditrice se proposait de (re)donner ses lettres de noblesse à ce genre quelque peu décrié qu’était la romance. L’AT en question portait sur la romance M/M. Et là, ça a enfin fait tilt.

Parce que la romance M/M, c’était un peu mon genre de prédilection en matière de fanfictions, et qu’écrire quelque chose dans ce style-là mais avec mes propres personnages, ça me semblait être un chouette défi. Qu’est-ce que je risquais ? Le texte ne serait probablement pas retenu, mais ça m’aurait au moins donné la motivation de finir une histoire que je pourrais ensuite mettre en ligne sur mon site d’auteurs amateurs. Sauf que le texte a été accepté, et que depuis je suis accroc aux ATs. Depuis ce premier appel auquel j’ai répondu fin 2013, j’ai participé à de nombreux autres, le plus souvent avec des résultats positifs. Et même quand ça ne marche pas, ce n’est jamais un échec, parce que ça m’a poussée à écrire un texte qui ne serait jamais sorti de mon cerveau sans ça. Bref, vive les ATs.

Et tiens, puisqu’on en parle, Florence Cochet a posté un très bon article qui vous dit tout ce que vous avez besoin de savoir sur les ATs.

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